Il est derrière moi. Je ne le vois pas mais je sens sa présence. A chaque fois qu’il s’approche de moi, un long frisson me parcourt l’échine, comme si mon corps meurtri reconnaissait son bourreau.

Méticuleusement, je lave les assiettes de notre repas une à une, postée face à la fenêtre qui donne sur notre grand jardin arboré et fleuri. Le soleil cogne contre la vitre et seul le chant des oiseaux vient perturber le silence qui règne dans la pièce.

Soudain, il attrape mon bras. Je lâche l’assiette qui vient se briser en mille morceaux dans l’évier. Je bondis en arrière et me réfugie dans la salle de bain, de peur qu’il ne s’empare d’un des tessons pour me menacer.

Enfermée à double tour, il hurle de l’autre côté de la porte :

– Sors de là vieille conne, tu sais bien ce que tu as fait !

Fébrilement, je sors mon téléphone de la poche de mon tablier. Je tremble en enfonçant les touches pour composer le numéro.

– Si tu sors pas, je défonce la porte je te préviens !

La sonnerie se met à retentir.

– Tu vas morfler je te le dis…

Une…

Deux…

Trois…

– Police secours j’écoute ?

Douloureusement, j’articule :

– J’ai besoin d’aide.

– Je ne vous entends pas, parlez plus fort svp !

J’ouvre tous les robinets pour masquer le plus possible le son de ma voix. Cette fois je crie presque :

– Mon mari veut me tuer, aidez-moi svp !

– Où êtes-vous ?

– Je suis enfermée dans la salle de bain, au 12 rue Victor Hugo.

– Très bien ne bougez pas, je vous envoie quelqu’un !

De l’autre côté j’entends le bruit assourdissant d’une porte qu’on veut enfoncer.

Boum…

Boum…

Boum…

A chaque coup, Je me recroqueville un peu plus sur moi-même. Si c’était possible, j’aimerais pouvoir disparaître dans le trou des chiottes, mais je n’ai aucun endroit où m’enfuir. Je suis coincée là, pour avoir trop cuit le plat de celui qui partage ma vie, ou peut-être pas assez ? Peu importe, le résultat est toujours le même de toutes façons.

J’entends les sirènes d’une voiture de police approcher de la maison. Elles ne s’arrêtent pas, elles hurlent ; l’eau continue de couler et la porte de trembler. Mais je suis sereine, je vais pouvoir m’en tirer cette fois.

Lentement j’ouvre les yeux : l’eau ne coule plus, la porte est ouverte mais le réveil posé à côté sur ma table de nuit continue d’émettre son son si désagréable. A côté de moi, mon époux dort paisiblement.

Ce n’était donc qu’un rêve…

Après avoir enfilé une robe de chambre blanche à petites fleurs, un cadeau de mon mari, je descends rapidement les escaliers de notre grande maison pour m’activer en cuisine. Je décide de préparer son petit-déjeuner préféré : œufs brouillés, tartines à la confiture et jus d’orange pressé.

Méticuleusement, je fais la vaisselle devant la fenêtre qui donne sur notre grand jardin arboré et fleuri. Le soleil cogne contre la vitre et seul le chant des oiseaux vient perturber le silence qui règne dans la pièce.

Il est derrière moi. Je ne le vois pas mais je sens sa présence. A chaque fois qu’il s’approche de moi, un long frisson me parcourt l’échine, comme si mon corps meurtri reconnaissait son bourreau.

Soudain, il attrape mon bras. Je lâche un verre qui vient se briser en mille morceaux dans l’évier. Je bondis en arrière et me réfugie dans la salle de bain, de peur qu’il ne s’empare d’un des tessons pour me menacer.

Enfermée à double tour, il hurle de l’autre côté de la porte :

– Sors de là vieille conne, tu sais bien ce que tu as fait !

Fébrilement, je sors de la salle de bain. Il se tient en face de moi, l’air furieux, ravagé par la haine. Il hurle :

– Combien de fois je t’ai dit de ne pas laisser ton putain de réveil sonner alors que je dors encore !

Je n’ai pas le temps de m’excuser. Un coup de poing vient m’assommer et je m’écroule sur le carrelage blanc immaculé. Ma tête rebondit, je crois l’entendre :

Baoum, baoum, baoum…

Puis je n’entends plus rien. Mon téléphone est resté rangé dans la poche de ma robe de chambre blanche à petites fleurs.


Ce mois-ci, le thème proposé par l’atelier d’écriture des Jolies Plumes était le suivant :

« Vous vous réveillez en sursaut, ou avec le sourire aux lèvres. Le réveil vous fait ouvrir les yeux alors que vous pensiez que ce bruit venait d’ailleurs. Votre subconscient veut vous faire passer un message ou vous revivez la journée qui vient de s’écouler. Bref, vous avez rêvé et nous voulons tout savoir. « 

J’ai eu un mal fou à trouver ce que je voulais raconter cette fois… Puis après plusieurs heures à cogiter devant ma page blanche, cette idée est enfin arrivée. Vingt minutes plus tard, j’avais terminé.

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